Le pprdofficiel a réagi aux déclarations du Président de la République sur le dialogue national
Le @pprdofficiel a réagi aux déclarations du Président de la République sur le dialogue national, faites samedi 31 janvier devant le corps diplomatique à #Kinshasa.
Dans une déclaration écrite, Ferdinand @KalumbiKam, Secrétaire permanent adjoint du parti, dénonce une initiative qu’il juge contradictoire — « Parler de « dialogue national inclusif » tout en l’enfermant dans des institutions issues d’élections chaotiques et contestées de 2023, sans décrispation politique, sans libertés publiques et sous une justice instrumentalisée, ce n’est pas dialoguer.
C’est nier la crise, criminaliser l’opposition et organiser un monologue de légitimation d’un pouvoir aux abois depuis près de 7 ans face aux drames politique, sécuritaire et humanitaire, non plus seulement à l'Est du pays, mais sur toute l'étendue du territoire national. »
L’ancien ministre sous Joseph #Kabila appelle à un dialogue sincère.— « Le Congo n’a pas besoin d’un dialogue de façade, mais il a plutôt besoin d’un dialogue national inclusif de vérité pour sauver la République du naufrage auquel les institutions actuelles n'ont pas été capables de trouver des solutions adéquates et durables. ! »
Il conclut en s’interrogeant — « Pourquoi c'est difficile à comprendre pour l'Union sacrée ? »
Dans un contexte de crise sécuritaire aiguë dans l’Est de la République Démocratique du Congo, le président Félix Tshisekedi a, une nouvelle fois, marqué son territoire politique.
À l’occasion de la cérémonie d’échange de vœux avec le corps diplomatique, ce samedi 31 janvier 2026, le Chef de l’État a répondu aux appels pressants pour un dialogue national.
Mais sa réponse, teintée d’une fermeté calculée, ressemble davantage à une feuille de route conditionnelle qu’à une ouverture inconditionnelle.
Le ton était solennel, le vocabulaire choisi, mais le message sous-jacent ne souffrait d’aucune ambiguïté : l’unité ne se fera pas sur le dos de la souveraineté ni au prix de l’impunité.
« Nous réaffirmons notre ouverture à un dialogue entre Congolais : un dialogue apaisé, inclusif, résolument républicain », a déclaré le président, semblant ainsi embrasser la demande portée par les acteurs sociopolitiques et religieux.
Cette initiative, présentée comme un moyen de consolider la cohésion nationale, est pourtant immédiatement encadrée par des garde-fous constitutionnels.
Tshisekedi a tenu à préciser que ce processus, s’il a lieu, se déroulera sur le sol national et sera conduit par les institutions de la République.
Une manière élégante de rappeler que le pouvoir exécutif entend garder la main sur l’agenda et le format des discussions, évitant ainsi toute forme de forum parallèle qui pourrait déstabiliser l’ordre établi issu des urnes.
Mais là où le discours prend une tournure plus critique, c’est lorsque le président aborde la question brûlante de l’agression rwandaise et du groupe M23.
Avec une clarté qui vise autant l’opinion nationale que les chancelleries étrangères, Tshisekedi a lancé un avertissement sans équivoque : « Ce dialogue intérieur, aussi nécessaire soit-il, ne saurait tenir lieu de substitut aux obligations internationales.
Il ne peut pas être invoqué pour relativiser une agression, ni pour diluer des responsabilités établies. »
Cette phrase, lourde de sens, sonne comme un refus catégorique de toute tentative de blanchiment diplomatique des faits.
Le président congolais place ainsi le dialogue national RDC dans un cadre strict : un outil de consolidation interne qui ne doit en aucun cas interférer avec la demande de justice et de responsabilité pour les actes de guerre.
Cette position soulève une question rhétorique d’importance : le gouvernement peut-il véritablement mener de front un dialogue interne apaisant tout en maintenant une posture de fermeté inflexible sur la scène internationale ?
La stratégie de Kinshasa semble être de compartimenter les dossiers.
D’un côté, la main tendue pour une « paix véritable », assortie de conditions précises et vérifiables : arrêt du soutien aux groupes armés, retrait des forces étrangères, respect des mécanismes régionaux.
De l’autre, la promesse que « la justice suivra son cours normal, avec rigueur, jusqu’au bout ». Un exercice d’équilibre politique des plus périlleux.
Cette annonce intervient alors que la pression sociétale pour une solution endogène à la crise sécuritaire Est RDC n’a jamais été aussi forte.
Les principales confessions religieuses du pays – la CENCO, l’ECC et autres – ont publié, dès août 2025, une feuille de route commune pour un dialogue national. Cette initiative, saluée pour son unité, attend toujours une traduction concrète de la part des autorités.
Le discours de Félix Tshisekedi répond donc à une attente, mais en fixant des limites qui risquent de ne pas satisfaire tous les partisans d’un dialogue sans préconditions.
La balle est désormais dans le camp des organisateurs potentiels : comment structurer des discussions « inclusives » qui respectent le cadre strict imposé par l’Élysée congolais ?

Commentaires